Sur un trek de plusieurs jours, le corps humain devient une chaudière qu'il faut alimenter en continu. Une randonnée en montagne avec dénivelé peut brûler entre 3000 et 5000 calories par jour — largement au-delà de ce qu'un repas classique peut fournir. Mal anticipée, cette dette énergétique s'accumule jour après jour et se traduit par une fatigue qui n'a plus rien à voir avec l'effort musculaire : c'est l'épuisement du randonneur sous-alimenté, souvent confondu à tort avec un manque de forme physique.
L'équilibre des macronutriments
Les glucides restent le carburant principal de l'effort en montagne — ils alimentent rapidement les muscles en énergie disponible. Les lipides, plus denses caloriquement, assurent l'endurance sur la durée : les fruits secs, le beurre de cacahuète et le fromage à pâte dure sont des alliés précieux pour un trek de plusieurs jours. Les protéines, souvent négligées en randonnée, sont pourtant indispensables à la récupération musculaire nocturne.
"On ne mange pas en trek pour se faire plaisir. On mange pour continuer à avancer demain."
Le grignotage stratégique
Plutôt que trois gros repas, privilégie un grignotage régulier toutes les heures : une poignée de fruits secs, une barre énergétique, quelques carrés de chocolat noir. Cette approche maintient une glycémie stable et évite les coups de fatigue brutaux qui suivent une digestion trop lourde en pleine montée.
Le petit-déjeuner mérite une attention particulière puisqu'il conditionne les premières heures d'effort. Un mélange de glucides lents (flocons d'avoine) et de sucres rapides (miel, fruits secs) permet de démarrer la journée avec des réserves suffisantes sans lester l'estomac avant l'ascension.
N'oublie jamais que l'appétit diminue avec l'altitude et la fatigue accumulée — c'est précisément dans ces moments qu'il faut se forcer à manger, même sans faim, pour éviter la spirale descendante qui transforme une belle expédition en calvaire.