On peut marcher des jours sans manger, mais deux jours sans eau en plein effort physique peuvent s'avérer fatals. En randonnée, la gestion de l'eau est une priorité absolue qui mêle logistique, physique et biologie. Ne te fie jamais à la seule transparence d'un ruisseau : les bactéries, les virus et les protozoaires (comme la Giardia) adorent les eaux de montagne d'apparence idyllique.
### Les différentes techniques de traitement Pour rendre une eau potable, plusieurs options s'offrent à toi, chacune ayant ses avantages et ses inconvénients :
* **Les filtres à fibres creuses (type Sawyer ou Katadyn) :** Rapides et légers, ils éliminent mécaniquement 99,99% des bactéries et protozoaires. Ils ne protègent cependant pas contre les virus (rarement un problème en Europe, mais crucial ailleurs). * **Les purificateurs chimiques (pastilles de chlore ou de dioxyde de chlore) :** Très légers et efficaces contre tout, y compris les virus. Le désavantage majeur reste le temps d'attente (30 min à 4 h) et le goût désagréable d'eau de javel. * **L'ébullition :** Porter l'eau à gros bouillons pendant une minute complète tue absolument tous les agents pathogènes. C'est la méthode ultime, mais elle consomme énormément de carburant.
"En montagne, l'eau d'amont n'est pas forcément pure. Un troupeau de moutons qui paît un kilomètre plus haut suffit à contaminer tout un réseau hydrographique."
### Anticiper et lire la carte La règle de sécurité de base consiste à planifier tes points de ravitaillement à l'avance. Analyse ta carte IGN : repère les sources matérialisées, les rivières stables et les refuges. Attention toutefois, en fin d'été, de nombreux petits ruisseaux indiqués en bleu sur la carte peuvent être complètement à sec.
Renseigne-toi toujours auprès des locaux ou des gardiens de refuge avant de partir si la saison a été particulièrement sèche. Enfin, garde toujours une réserve de sécurité d'un demi-litre, celle à laquelle tu ne touches que si ton itinéraire prend du retard.