Pyrénées

Le Tour du Néouvielle

3 jours36 kmModéré

18 juin 2026

Un massif à part dans la chaîne pyrénéenne

Le Néouvielle occupe une place singulière parmi les massifs pyrénéens. Là où la chaîne alterne calcaires et schistes sombres, ce sommet dresse un socle de granit clair, usé par les glaciations successives en pics arrondis et en vasques innombrables. Cette nature minérale explique la lumière si particulière du secteur — une clarté presque désertique, accentuée par la réverbération du quartz sur l'eau — et elle a valu au cœur du massif un statut de réserve naturelle dès 1935, l'un des plus anciens de France. Le tour du Néouvielle en tire toute sa singularité : trois jours et environ 36 kilomètres pour boucler, au départ de Tournaboup près de Barèges, autour d'un plateau d'altitude qui concentre plus de soixante-dix lacs et étangs sur une surface restreinte, une densité rare dans les Pyrénées.

Le circuit reste accessible à des randonneurs modérément expérimentés à condition d'accepter un relief parfois technique sur les hauteurs : blocs de granit à négocier, névés tardifs sur les cols les plus élevés, sentiers parfois peu marqués dans les chaos rocheux. Ce n'est pas une haute course alpine, mais ce n'est pas non plus une simple balade au bord de l'eau — la première journée, qui grimpe directement de Tournaboup au refuge de Bastan, concentre l'essentiel de l'effort physique du séjour, tandis que la troisième journée apporte son propre engagement au passage de la Hourquette d'Aubert.

"Ici, le granit ne cherche pas la hauteur mais la multiplication : chaque replat cache un lac, chaque lac referme un peu plus le silence."

Itinéraire jour par jour

Le tracé ci-dessous correspond à l'itinéraire officiel en trois étapes, avec nuit en refuge. Les distances et dénivelés sont ceux du tracé de référence : selon les variantes empruntées autour du sentier des Laquettes ou des lacs d'Aumar et d'Aubert, l'itinéraire réel peut varier de quelques centaines de mètres.

JourÉtapeDistanceD+Durée estiméeDifficulté
1Tournaboup → Refuge de Bastan13,7 km1283 m7h30Difficile
2Refuge de Bastan → Refuge d'Orédon (via les lacs de Bastan et le lac de l'Oule)9,5 km657 m4h30Moyen
3Refuge d'Orédon → Tournaboup (via le sentier des Laquettes, les lacs d'Aumar et d'Aubert, la Hourquette d'Aubert, le lac Blanc et le lac dets Coubous)14,6 km657 m6hMoyen

Sur l'ensemble du tour, le dénivelé cumulé avoisine 2387 m de montée pour 2378 m de descente. C'est la première étape, la plus courte en distance mais la plus rude en pente, qui demande le plus d'énergie ; les deux journées suivantes, plus longues, se déroulent sur un relief globalement plus roulant.

Point de vigilance : le Refuge de Bastan est actuellement fermé pour raisons de sécurité. Une réouverture est évoquée aux alentours de juillet 2026, mais ce calendrier n'est pas garanti et peut glisser — il est indispensable de vérifier l'état d'ouverture du refuge directement auprès du gestionnaire ou de l'office de tourisme des Vallées de Gavarnie avant de partir, et de prévoir une solution de repli (bivouac autorisé ou étape alternative) si le refuge est encore fermé au moment de votre passage.

La ronde des grands lacs pyrénéens

Le départ s'effectue depuis Tournaboup, à deux pas de Barèges, où le sentier grimpe sans détour à travers une forêt dense de pins sylvestres puis de pins à crochets, avant de déboucher sur les premiers chaos de granit. Cette première étape, la plus exigeante du parcours avec plus de 1280 mètres de dénivelé positif, mène jusqu'au refuge de Bastan, niché parmi une constellation de petits étangs où le bruit de l'eau remplace celui du vent.

La deuxième journée redescend en douceur relative vers les lacs de Bastan, puis rejoint l'imposant lac de l'Oule avant de basculer jusqu'au refuge d'Orédon, posé au bord de son lac éponyme. C'est l'étape la plus courte et la moins accidentée du tour, une transition bienvenue après l'ascension de la veille.

La troisième étape referme la boucle vers Tournaboup en empruntant le sentier des Laquettes — Les Laquettes, un enchaînement de vasques encadrées de pelouses rases — avant de longer les lacs d'Aumar et d'Aubert, deux des plus vastes plans d'eau du massif. Le sentier franchit ensuite la Hourquette d'Aubert, à 2498 mètres d'altitude, un passage rocailleux où les névés tardifs — parfois présents jusqu'en juillet certaines années — imposent de la prudence, voire des bâtons en début de saison. Depuis ce col, le regard embrasse une bonne partie de la réserve et, par temps clair, les flancs du Pic de Néouvielle qui culmine à 3091 mètres. La descente se poursuit par le lac Blanc puis le lac dets Coubous, avant de rejoindre Tournaboup et de boucler le tour.

Préparer son passage

La période la plus favorable se situe généralement entre la mi-juin et la fin septembre, une fois que l'essentiel de la neige a fondu sur les cols supérieurs — mais cette fenêtre varie d'une année sur l'autre selon l'enneigement hivernal, et il vaut mieux se renseigner sur les conditions récentes avant de partir en début ou fin de saison. Côté équipement, l'essentiel repose sur des chaussures offrant une bonne adhérence sur le granit, des lunettes de soleil bien couvrantes pour limiter la réverbération sur l'eau et le quartz, et une gourde filtrante pour limiter le poids porté.

Le bivouac fait l'objet d'une attention particulière dans ce secteur. La Réserve Naturelle du Néouvielle applique une réglementation stricte sur le camping et le bivouac, qui évolue selon les zones et les périodes : certaines aires sont ponctuellement ouvertes au bivouac en dehors des heures de fréquentation diurne, d'autres sont fermées selon la sensibilité écologique du moment. Les secteurs d'Orédon et d'Aubert sont historiquement ceux où le bivouac est le plus souvent toléré, mais les règles précises — horaires, zones exactes, tolérances saisonnières — sont fixées et mises à jour par la réserve elle-même. Mieux vaut donc vérifier ce point directement auprès de la Réserve Naturelle du Néouvielle avant de partir, plutôt que de se fier à des informations qui peuvent avoir changé d'une saison à l'autre.

Pour le ravitaillement, le refuge gardé de l'Oule, situé à proximité du parcours du deuxième jour, propose en général des repas et des collations en saison. Le refuge de Bastan, lorsqu'il est ouvert, joue le même rôle en fin de première étape — d'où l'importance de confirmer son état d'ouverture avant le départ, faute de quoi il faut prévoir son autonomie alimentaire pour la nuit du premier jour. Le refuge d'Orédon assure également un point de ravitaillement en fin de deuxième étape et avant d'entamer la troisième journée vers les Laquettes, Aumar et Aubert, un secteur où les possibilités de ravitaillement se font plus rares.