Alpes

Le Grand Tour du Queyras

10 jours120 kmDifficile

18 juin 2026

Profil altimétrique

Profil approximatif calculé à partir du dénivelé positif/négatif indiqué pour chaque jour — pas une trace GPS.

Un massif façonné par la sécheresse et la frontière

Le Queyras occupe une position à part dans les Alpes françaises : coincé entre le Briançonnais et l'Italie, ce petit massif bénéficie d'un effet d'abri qui lui vaut la réputation d'être l'un des secteurs les plus secs des Alpes du Sud. Cette aridité relative sculpte un paysage minéral où le schiste domine, où les mélèzes prennent une teinte dorée à l'automne, et où les villages ont développé au fil des siècles une architecture de bois épais adaptée à des hivers rudes mais des étés lumineux. Le Grand Tour du Queyras traverse ce territoire par une boucle de dix jours et environ 120 kilomètres, franchissant une dizaine de cols d'altitude — dont le plus haut, le col de Péas, culmine à 2629 mètres — qui isolent encore aujourd'hui certains hameaux plusieurs mois par an.

Ce n'est pas un itinéraire anodin. La difficulté annoncée — difficile — tient moins à la longueur des étapes qu'à l'accumulation de dénivelé en altitude, où l'air se raréfie et où la météo peut basculer en quelques heures, même en plein été. Les randonneurs qui s'y engagent doivent composer avec des amplitudes thermiques marquées entre la chaleur du jour et le froid nocturne, une caractéristique commune aux vallées internes des Alpes du Sud.

"Ici, la pierre est si sèche et la lumière si nette qu'on croirait par endroits la montagne taillée dans le verre."

Une boucle frontalière entre villages et refuges

Le parcours part de la vallée de Ceillac, point d'ancrage du tour, et grimpe directement vers Saint-Véran, souvent présentée comme la plus haute commune habitée d'Europe, perchée à 2042 mètres — un village dont les greniers de bois surélevés et les cadrans solaires peints témoignent d'un rapport ancien et pragmatique à l'altitude. La deuxième étape rejoint le refuge d'Agnel, posé au pied du Pain de Sucre, base minérale d'où le regard porte loin vers l'Italie.

Le troisième jour franchit le col Vieux avant de redescendre parmi des lacs d'altitude jusqu'au hameau de L'Échalp, aux portes de la réserve naturelle du Haut-Guil. Le tour se poursuit ensuite vers Abriès en passant par la Colette de Gilly, puis grimpe vers le refuge des Fonts de Cervières par le col du Malrif, l'une des étapes les plus longues du parcours. Le sixième jour franchit le col de Péas, à 2629 mètres, point culminant du tour, avant de rejoindre le hameau de Souliers.

La seconde moitié de la boucle redescend en douceur vers le Chalp d'Arvieux par le col Tronchet, puis remonte vers le refuge de Furfande en franchissant le col du même nom. L'avant-dernière étape traverse le col de la Lauze pour rejoindre le hameau de Bramousse, avant que la dixième et dernière journée ne referme la boucle par le col de Bramousse, à 2251 mètres, et la descente finale vers Ceillac.

Les randonneurs souhaitant prolonger l'expérience peuvent envisager, en dehors du tracé officiel, une extension vers le refuge du Viso — un aller-retour engagé côté italien face au mont Viso — ou une variante par le col de l'Izoard, souvent effectuée en montée routière ; ces deux options restent des ajouts optionnels, non intégrés au tracé principal du GR58.

Itinéraire jour par jour

JourÉtapeDistanceD+ / D-Durée estiméeHébergement
1Ceillac → Saint-Véran15 km1080 m / 700 m6h30Gîte à Saint-Véran
2Saint-Véran → Refuge d'Agnel13 km830 m / 300 m5h30Refuge d'Agnel
3Refuge d'Agnel → L'Échalp (via col Vieux)12 km230 m / 1120 m5hGîte à L'Échalp
4L'Échalp → Abriès (via Colette de Gilly)13 km890 m / 1030 m5h30Gîte d'étape à Abriès
5Abriès → Refuge des Fonts de Cervières (via col du Malrif)15 km1290 m / 790 m6h30Refuge des Fonts de Cervières
6Fonts de Cervières → Souliers (via col de Péas, 2629 m)11 km590 m / 800 m5hGîte à Souliers
7Souliers → Chalp d'Arvieux (via col Tronchet)9 km510 m / 660 m4hGîte au Chalp d'Arvieux
8Chalp d'Arvieux → Refuge de Furfande (via col de Furfande)12 km820 m / 210 m5hRefuge de Furfande
9Refuge de Furfande → Bramousse (via col de la Lauze)10 km210 m / 1000 m4h30Gîte à Bramousse
10Bramousse → Ceillac (via col de Bramousse, 2251 m)10 km850 m / 590 m4h30Retour à Ceillac (fin de séjour)

Préparer sa traversée du Queyras

La fenêtre de praticabilité pour ce tour s'étend généralement de fin juin à fin septembre : c'est la période durant laquelle les cols les plus hauts ont de bonnes chances d'être dégagés de neige, même si l'enneigement résiduel varie fortement d'une année à l'autre et peut retarder l'ouverture réelle de certains passages. Il vaut mieux se renseigner sur les conditions de l'année en cours plutôt que de se fier à un calendrier générique.

L'équipement doit tenir compte des nuits fraîches en refuge ou en bivouac : un sac de couchage confortable autour de zéro degré, des couches thermiques et une protection solaire renforcée sont recommandés, l'exposition en altitude étant plus intense qu'en plaine.

Concernant le bivouac, le Queyras se trouve en grande partie dans le périmètre du Parc Naturel Régional du Queyras, où des règles spécifiques encadrent la pratique — généralement une tolérance en soirée et une distance à respecter par rapport aux routes et aux zones habitées. Ces règles peuvent toutefois évoluer et varier selon les secteurs du parc, notamment à proximité des réserves naturelles comme le Haut-Guil. Il est donc préférable de vérifier la réglementation en vigueur auprès de la Maison du Parc ou des bureaux d'information locaux avant de partir, plutôt que de se fier à des indications figées.

Le ravitaillement reste l'un des atouts du Queyras : la boucle traverse ou frôle presque chaque jour un village ou un refuge gardé, ce qui permet de compléter ses réserves en fromage de brebis, pain et charcuterie locale sans avoir à porter plusieurs jours d'autonomie alimentaire. Il reste conseillé de vérifier à l'avance les périodes d'ouverture des refuges, qui peuvent varier d'une saison à l'autre.